2012-10-27 L’UDC soutien le référendum contre la LFE

UDC Suisse : la base du parti a décidé de soutenir le référendum contre la loi révisée sur les épizooties

Contre l’avis de sa direction et de son groupe parlementaire, la base du parti, réuni en assemblée des délégués à Seedorf, a décidé par une écrasante majorité de soutenir le référendum contre la loi sur les épizooties. Le texte doit permettre davantage protéger le bétail contre les maladies infectieuses, notamment en renforçant les compétences de la Confédération en termes de vaccination.

L’analyse de Christian Favre et l’interview de Dominique Baettig, ancien conseiller national UDC jurassien, un des fers de lance au sein de l’UDC contre la révision de la loi sur les épizooties.

Écouter

 

LFE: «Non» cinglant de l’UDC

L’Union suisse des paysans (USP) a subi samedi une lourde défaite à Seedorf (UR). Les délégués de l’UDC ont rejeté la révision de loi sur les épizooties.20 Minutes, 27.10.2012, extrait

Président de l’USP et du Conseil national, Hansjörg Walter (UDC/TG) n’a pas fait le poids face aux arguments de la base prônant la liberté.

Par 250 voix contre 89, l’assemblée a dit «non» à la révision de loi soumise au peuple le 25 novembre prochain. Sur 14 orateurs qui se sont exprimés sur le sujet, seuls trois ont soutenu le projet du Conseil fédéral, alors même qu’aucun député UDC aux Chambres fédérales n’avait refusé le texte lors du vote du parlement.

Montée à la tribune pour présenter les arguments des opposants, la Lucernoise Yvette Estermann a défendu avec succès le principe de la responsabilité individuelle face au «pouvoir de plus en plus centralisateur» de la Confédération. La conseillère nationale s’est aussi faite la porte-parole des Jeunes UDC qui avaient déjà rejeté le texte.

Contre le «diktat» de l’OMS

Elle a fait mouche en évoquant les résidus des vaccins d’animaux dans la chaîne alimentaire, le coût des programmes de prévention et le «danger» de voir l’Organisation mondiale de la santé imposer ses vues à la Suisse. Le loi révisée permet à Berne de signer plus facilement des accords internationaux en la matière. Des orateurs ont évoqué une loi «anti-libérale» et «anti-fédéraliste».

Hansjörg Walter a qualifié d’»infondées» les craintes des auteurs du référendum: «Il n’y aura pas de nouvelles vaccinations obligatoires ou d’autres contraintes dans ce sens». Et d’ajouter que les détenteurs d’animaux disposeront d’un droit de recours contre les décisions de l’Office fédéral vétérinaire (OFEV).

Risques d’épizooties liés au changement climatique, remise gratuite ou à prix réduit du vaccin aux éleveurs grâce à un système efficace, améliorations pour la santé des animaux, les arguments du Thurgovien ont été vains. Les délégués de l’UDC, parti qui dispose d’une importante base paysanne, n’ont pas suivi l’avis de l’USP, largement favorable à la loi.

Gouvernement «pas sérieux»

En ouverture d’assemblée, Toni Brunner a focalisé son discours sur le «manque de sérieux et de stratégie» du Conseil fédéral. Il a notamment fait allusion à la politique européenne et au dossier de la place financière.

Le président du parti s’est en outre insurgé contre les procédures de consultation raccourcies qui «outrepassent» de plus en plus les acteurs concernés. Et d’évoquer les brefs délais des consultattions concernant l’accord germano-suisse sur le trafic aérien ou le milliard de francs destiné à la candidature des Grisons pour les JO de 2022.